Mélinda pleurait, criait, délirait, pourtant elle n'arrivait jamais à attirer l'attention de son bourreau et cette situation la mettait royalement en rogne! Ce grand homme à la crinière des ténèbres, proprement habillé dans un sarrau blanc continuait sans flancher de mélanger ses mystérieux mélanges d'éprouvette en éprouvette malgré les cris incessants de sa captive. Elle n'était qu'une expérience pourquoi lui apporter plus d'attention que nécessaire... Une enveloppe de chair, un ensemble de système biologique. L'homme était la création imparfaite de Dieu, lui allait recréer cette machine. Il allait créer la perfection! Mélinda qui s'agitait depuis plus d'une heure commençait sérieusement à se fatiguer. Pendant la semaine, elle ne sortait que une fois de sa cellule et cette unique sortie l'épuisait toujours un peu plus. Les expériences qu'on exploitait sur elle devenait de plus en plus poussées, dangereuses, épuisantes...Semaine après semaine, elle devenait un peu plus quelqu'un d'autre. Elle s'éloignait de l'humanité! Elle commençait à se faire peur à même! Ce scientifique la changeait et Mélinda le détestait de toute sa rage, mais en contradiction elle aurait tout donner pour que celui-ci lui prête enfin une once d'affection, une caresse tendre, un regard affectueux, une parole réconfortante. Et oui, Mélinda était tombée éperdument amoureuse de cet homme. Le seul être humain qu'elle côtoyait depuis maintenant trois ans, trois longues années... Cet homme dont elle était insatiablement attirée lui était si acquis et inaccessible. Que cette situation lui était souffrante! Chaque nuit depuis un moment, Mélinda ne pouvait s'empêcher de rêver à son bourreau, à ces lèvres sensuelles sur sa peau, à leurs baisers d'amour, aux mots doux qu'il lui chuchotait tendrement à l'oreille. Seulement une fois par semaine, celui-ci revenait la chercher dans sa cellule blanche aseptisée et brisait encore une fois les rêves que Mélinda s'était bâtit durant sept longs jours...Alors, encore une fois, la routine infernal reprenait son cours. Encore une fois, elle se fessait attaché sur la table d'opération habituelle. Encore une fois, les expérimentations reprenaient son cours. Des injections, des comprimés, des opérations chirurgicales, des greffes, tout y était passé! Plus le temps passait, plus Mélinda pensait qu'elle n'était peut-être pas humaine; que tout ce qu'elle avait vécu avant ces trois années n'était qu'une illusion crée chimiquement! Un simulacre d'espoir lui donnant le goût de la vie. Peut-être qu'elle n'avait jamais vraiment eu de famille, d'amis...Peut-être qu'elle n'avait jamais réellement existé... Mélinda savait qu'elle était vivante. C'était sa seule certitude, car dans le laboratoire, Mélinda avait vite appris ,qu'un bon moyen de se sentir vivante, était de ressentir la douleur, de la vivre! Fortement attachée sur la table d'opération du centre, la jeune fille jouissait d'un bonheur sans nom quand son bourreau exécutait un geste envers elle, une attention toute particulière; la douleur. Cette bénéfique sensation qui lui fessait sentir vivante, qui l'a rassurait quand à son existence aux yeux de son scientifique. Justement celui-ci entamait un pas vers elle, seringue à la main. Pour aujourd'hui, ce sera une injection, alors! En extase, Mélinda sentit une légère douleur due à l'infiltration de l'aiguille dans l'artère. Enfin...Enfin! Mélinda se sentit vivante! Dans un soupir de pur bonheur, la jeune femme ne put s'empêcher une léger «Embrasse-moi» qui la chicotait depuis un certain moment sur le bout des lèvres. L'Homme se pencha et déposa un baiser sur les lèvres de Mélinda; ce geste ne le dérangeait nullement. Après tout, ce n'était qu'un sujet d'étude!